đš SCANDALE Ă SAINT-DENIS : LES INDEMNITĂS DU MAIRE FONT EXPLOSER LA POLĂMIQUE ! đ«đ·đ„
Câest une scĂšne politique qui a des airs de dĂ©jĂ -vu, mais dont la pilule reste toujours aussi amĂšre Ă avaler pour les citoyens.
Au cĆur de la Seine-Saint-Denis, dans une ville marquĂ©e par de profondes difficultĂ©s Ă©conomiques et sociales, le premier conseil municipal de la nouvelle mandature devait ĂȘtre un moment de rassemblement, de prĂ©sentation des grands projets et dâaffirmation des valeurs de solidaritĂ©.
CâĂ©tait sans compter sur âlâaffaire numĂ©ro 2â de lâordre du jour.
Le nouveau maire de Saint-Denis, Bali Bagayoko, fraĂźchement Ă©lu sous la banniĂšre des idĂ©aux de la gauche, nâa pas tardĂ© Ă faire parler de lui, et pas pour les raisons que ses Ă©lecteurs espĂ©raient.
En sâoctroyant lâindemnitĂ© maximale autorisĂ©e par la loi dĂšs le dĂ©but de son mandat, lâĂ©dile a provoquĂ© une onde de choc, soulevant une vague dâindignation et relançant lâĂ©ternel dĂ©bat sur la dĂ©connexion des Ă©lites politiques, lâĂ©thique de la gauche et la gestion de lâargent public.
Dans une ville oĂč chaque euro compte, oĂč les services publics sont sous tension et oĂč les promesses de campagne tardent Ă se concrĂ©tiser, cette dĂ©cision financiĂšre passe trĂšs mal.
DerriĂšre les discours philosophiques et les justifications techniques, câest lâimage mĂȘme dâune gauche populaire et proche des prĂ©occupations citoyennes qui se retrouve brutalement Ă©cornĂ©e.
Lâappel de lâargent et des privilĂšges de la fonction aurait-il fait oublier Ă Bali Bagayoko les principes dâĂ©quitĂ© et de justice sociale quâil scandait il y a encore quelques semaines sur les marchĂ©s de la ville ?
PlongĂ©e au cĆur dâun scandale local qui rĂ©sonne bien au-delĂ des frontiĂšres de Saint-Denis.
Le Choc des Chiffres : Une Indemnité au Plafond et des Avantages Cumulés
Pour bien comprendre lâampleur de la colĂšre qui gronde dans les rues de Saint-Denis et sur les rĂ©seaux sociaux, il faut sâattarder sur la froideur mĂ©canique des chiffres exposĂ©s lors de ce conseil municipal.
Lâordre du jour prĂ©voyait la fixation des indemnitĂ©s du maire, des adjoints et des conseillers municipaux dĂ©lĂ©guĂ©s.
Une procédure administrative somme toute classique aprÚs chaque élection.
Cependant, le choix politique effectuĂ© par la nouvelle majoritĂ© a eu lâeffet dâune bombe.

Lâopposition nâa pas manquĂ© de souligner la manĆuvre avec une prĂ©cision chirurgicale.
Monsieur Gontier, prenant la parole pour dénoncer la délibération, a mis en lumiÚre la stratégie financiÚre de Bali Bagayoko.
Ce dernier nâa pas choisi de sâaligner sur la rĂ©munĂ©ration initiale de son prĂ©dĂ©cesseur, Mathieu Hanotin, lors de sa prise de fonction en 2020 (qui avait dĂ©jĂ Ă©tĂ© revue Ă la hausse par rapport au mandat prĂ©cĂ©dent de Laurent Russier).
Non, Bali Bagayoko a décidé de viser directement le sommet.
Il a exigé que son indemnité soit calquée sur la deuxiÚme revalorisation de son prédécesseur, celle qui avait été actée aprÚs la création de la commune nouvelle issue de la trÚs controversée fusion entre Saint-Denis et Pierrefitte.
Le résultat comptable de ce choix est vertigineux pour les finances de la ville : les indemnités mensuelles du nouveau maire atteindront le chiffre faramineux de 5 960 euros.
Il sâagit ni plus ni moins du plafond maximum autorisĂ© par la lĂ©gislation française pour une commune de cette strate dĂ©mographique.
Et lâaddition ne sâarrĂȘte pas lĂ .
Comme lâa sĂšchement rappelĂ© lâopposition, ce montant brut ne tient pas compte des indemnitĂ©s supplĂ©mentaires qui pourraient ĂȘtre perçues dans lâhypothĂšse trĂšs probable dâun cumul de mandat avec la prĂ©sidence ou un poste clĂ© au sein de lâĂ©tablissement public territorial Plaine Commune.
Ă cela sâajoutent les frais inhĂ©rents Ă la fonction, entiĂšrement pris en charge par le contribuable : les frais de reprĂ©sentation, fixĂ©s Ă 833 euros par mois, ou encore les frais de garde.
En additionnant le tout, câest lâensemble des aspects de la vie quotidienne et professionnelle du maire qui se retrouvent financĂ©s par lâargent public.
Un statut dorĂ© qui, dâun point de vue purement statistique, propulse instantanĂ©ment le premier magistrat de la ville parmi les 1 % des Français les plus riches.
Dans une commune comme Saint-Denis, oĂč le taux de pauvretĂ© avoisine des sommets et oĂč le revenu mĂ©dian par habitant est lâun des plus faibles de la rĂ©gion Ăle-de-France, ce fossĂ© financier entre lâĂ©lu et ses Ă©lecteurs revĂȘt une dimension presque indĂ©cente.
La Philosophie de la RĂ©munĂ©ration Ălectorale : DĂ©connexion ou NĂ©cessitĂ© ?
Face Ă la fronde, les dĂ©fenseurs de ces rĂ©munĂ©rations de haut vol utilisent toujours les mĂȘmes arguments, Ă©rigeant lâargent public en bouclier contre la tentation.
On nous explique, avec la plus grande solennité, que des indemnités élevées sont absolument nécessaires pour exercer des responsabilités politiques de ce niveau.
Câest lâargument de la professionnalisation de la politique : diriger une ville de plus de 100 000 habitants (surtout aprĂšs la fusion) est un emploi Ă temps plein, exigeant, Ă©puisant, qui nĂ©cessite dâattirer des talents qui, dans le privĂ©, gagneraient tout autant, voire davantage.
Cependant, cette philosophie de la rĂ©munĂ©ration compensatoire se heurte au bon sens populaire et Ă lâĂ©thique de la fonction publique.
Comme lâa rappelĂ© avec force un intervenant de lâopposition lors du conseil, âun salaire mĂ©dian permet dĂ©jĂ dâexercer un mandat dans des conditions correctesâ.
Lâengagement politique, surtout Ă gauche, est censĂ© ĂȘtre mĂ» par la volontĂ© de servir lâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, et non par lâattrait du gain ou lâassurance dâun statut social surĂ©levĂ©.
Plus grave encore est lâargument sous-jacent selon lequel un Ă©lu bien payĂ© serait un rempart contre la corruption.
Cette thĂ©orie du âprix de la vertuâ est balayĂ©e dâun revers de main par les dĂ©tracteurs du maire.
Historiquement et sociologiquement, rien ne prouve quâun Ă©lu bĂ©nĂ©ficiant dâindemnitĂ©s colossales soit plus intĂšgre, plus transparent ou moins exposĂ© aux sirĂšnes de la corruption.
Au contraire, lâĂ©loignement matĂ©riel des rĂ©alitĂ©s quotidiennes de ses concitoyens peut engendrer une forme dâaveuglement bureaucratique et une perte totale dâempathie pour les difficultĂ©s de la population.
Comment un maire percevant prĂšs de 6 000 euros par mois peut-il vĂ©ritablement comprendre lâangoisse de la fin de mois dâune famille dionysienne luttant pour payer son loyer ou faire ses courses ?
La Défense de Bali Bagayoko : Le Silence comme Bouclier
Face aux accusations de gourmandise financiĂšre, lâattitude de Bali Bagayoko lors du conseil municipal a Ă©tĂ© particuliĂšrement scrutĂ©e.
Attendu au tournant pour justifier ce qui apparaĂźt comme un manquement flagrant Ă la sobriĂ©tĂ© politique, le nouveau maire a adoptĂ© une posture dĂ©fensive, presque dĂ©sinvolte, prĂ©fĂ©rant abrĂ©ger le dĂ©bat plutĂŽt que dâaffronter la contradiction sur le fond.
âJe laisse chacun bien sĂ»r libre de ses remarquesâ, a-t-il commencĂ©, tentant de minimiser lâimpact des critiques.
Il sâest ensuite lancĂ© dans une explication alambiquĂ©e sur la âphilosophieâ ayant guidĂ© lâĂ©laboration de la majoritĂ©, affirmant que âle collectif est gagnantâ.
Une rhĂ©torique classique de langue de bois qui peine Ă justifier pourquoi le bĂ©nĂ©fice de ce âcollectifâ doit se traduire par un enrichissement personnel immĂ©diat pour le maire.
La seule justification concrÚte avancée par Bali Bagayoko a été de souligner son engagement total.
âJe serai un maire Ă plein exercice et donc jâassumerai pleinement cet exercice et donc je ne serai plus en activitĂ© professionnelleâ, sâest-il dĂ©fendu.
Lâargument est recevable : se consacrer Ă 100 % Ă sa ville exige de quitter son emploi, et il est normal que la RĂ©publique compense cette perte de revenus.
Mais est-il nĂ©cessaire, pour compenser cette perte, de sâaligner systĂ©matiquement sur le plafond maximum autorisĂ© par la loi ?
Nây a-t-il pas un juste milieu, une mesure symbolique qui aurait permis de dĂ©montrer son dĂ©vouement tout en respectant lâĂ©quilibre financier prĂ©caire de la commune ?
Sentant sans doute la fragilitĂ© de sa position, Bali Bagayoko a rapidement bottĂ© en touche, invoquant un âtsunamiâ de critiques passĂ© pour justifier son mutisme actuel : âJâai eu lâoccasion dâobserver le torrent, le tsunami qui a frappĂ© ses indemnitĂ©s, je sais parfaitement ce que câest, câest la raison pour laquelle je ne vais pas dĂ©velopper davantage.â
Un refus dâexplication qui sonne comme un aveu de faiblesse.
Face Ă lâindĂ©fendable, le silence est parfois la meilleure des retraites, mĂȘme sâil laisse aux citoyens un goĂ»t amer de mĂ©pris.
âSi le plafond des revenus nâĂ©tait pas encadrĂ©, je ne sais pas quelle pirouette tu nous aurais sortieâ, lui a dâailleurs rĂ©torquĂ© lâopposition, soulignant que seule la loi lâa empĂȘchĂ© dâaller encore plus loin dans sa dĂ©marche financiĂšre.
Le Contraste Saisissant avec la Réalité du Terrain à Saint-Denis
Si lâaugmentation des indemnitĂ©s du maire choque autant, câest avant tout parce quâelle entre en collision frontale avec la rĂ©alitĂ© crue du quotidien Ă Saint-Denis.
La gestion dâune ville se mesure Ă la cohĂ©rence de ses prioritĂ©s budgĂ©taires.
Et le contraste entre le traitement royal que sâoctroie le premier Ă©dile et lâĂ©tat des services publics dans la commune est saisissant.

Les observateurs et les citoyens dĂ©noncent un vĂ©ritable âgouffre financierâ qui menace la ville.
Comment justifier lâallocation de telles sommes Ă la tĂȘte de lâexĂ©cutif quand, sur le terrain, les manques sont criants ?
La question de la sĂ©curitĂ©, par exemple, est au cĆur des prĂ©occupations des Dionysiens.
Lâopposition rappelle avec amertume que Saint-Denis est âune ville sans policiers municipauxâ, ou du moins, une ville oĂč âle peu qui reste est dĂ©sarmĂ©â.
Face à la délinquance, aux incivilités et au besoin de tranquillité publique, les habitants se sentent abandonnés.
Apprendre que lâargent public sert en prioritĂ© Ă maximiser le salaire du maire plutĂŽt quâĂ recruter et Ă©quiper des agents de sĂ©curitĂ© passe pour une vĂ©ritable provocation.
De mĂȘme, les belles promesses de campagne semblent dâores et dĂ©jĂ se heurter au mur de la rĂ©alitĂ© budgĂ©taire.
Lâengagement phare dâoffrir des âvĂ©los gratuits pour les enfantsâ est aujourdâhui mis en doute.
Lâargent, qui âne coule pas Ă flots comme il aurait pu le penserâ, risque fort de manquer pour financer ces mesures sociales et Ă©cologiques.
La politique est lâart des choix : en choisissant de saturer son propre budget de rĂ©munĂ©ration dĂšs le premier jour, Bali Bagayoko envoie un message clair sur ses prioritĂ©s.
LâexemplaritĂ© au sommet a Ă©tĂ© sacrifiĂ©e, laissant prĂ©sager un mandat oĂč les sacrifices seront demandĂ©s Ă la population pendant que lâexĂ©cutif se met Ă lâabri du besoin.
Une Pilule AmĂšre pour lâĂlectorat de Gauche
La dĂ©sillusion est particuliĂšrement fĂ©roce du cĂŽtĂ© de lâĂ©lectorat de gauche.
Saint-Denis est une terre historiquement ancrĂ©e dans les luttes sociales, le syndicalisme ouvrier et les combats pour lâĂ©galitĂ©.
Ălire un maire de gauche, câest espĂ©rer une gestion rigoureuse, humaine et fondamentalement diffĂ©rente de celle associĂ©e aux dĂ©rives de la caste politique traditionnelle.
En sâengouffrant sans aucune retenue dans la brĂšche des avantages financiers lĂ©gaux, Bali Bagayoko donne du grain Ă moudre Ă tous ceux qui cultivent le cynisme et le fameux âtous pourrisâ.

Il apporte de lâeau au moulin des extrĂȘmes qui se nourrissent du rejet des âĂ©lites dĂ©connectĂ©esâ.
Pour un homme qui a sans doute bĂąti sa carriĂšre politique sur la dĂ©nonciation des inĂ©galitĂ©s et du capitalisme, sâinstaller confortablement dans le wagon de tĂȘte des 1 % des Français les plus riches dĂšs son Ă©lection relĂšve de la schizophrĂ©nie politique la plus totale.
La gauche a toujours revendiquĂ© une exigence morale supĂ©rieure en matiĂšre de gestion de lâargent public.
LâaustĂ©ritĂ© doit sâappliquer aux Ă©lus avant de sâappliquer aux services publics.
La dĂ©cision de Bali Bagayoko est une tache indĂ©lĂ©bile sur le contrat de confiance quâil venait tout juste de signer avec ses Ă©lecteurs.
Lâappel de lâargent a semble-t-il Ă©tĂ© plus fort que les principes de la charte Ă©thique implicite de son camp politique.
Conclusion : Un Mandat Placé sous le Signe de la Défiance
Lâaffaire du salaire du maire de Saint-Denis nâest pas un simple fait divers administratif.
Câest un Ă©vĂ©nement symboliquement lourd de consĂ©quences pour lâavenir de la commune.
En commençant son mandat par un tel acte de gourmandise financiĂšre, Bali Bagayoko a brisĂ© lâĂ©tat de grĂące dont bĂ©nĂ©ficie habituellement tout nouvel Ă©lu.
Il sâest lui-mĂȘme placĂ© sous le regard inquisiteur et suspicieux dâune opposition dĂ©sormais survoltĂ©e et dâune population qui se sent flouĂ©e.
Chaque coupe budgĂ©taire future, chaque subvention refusĂ©e Ă une association, chaque retard dans les investissements publics sera dĂ©sormais jaugĂ© Ă lâaune de ces 5 960 euros mensuels.
Le maire a fait le choix de sâoctroyer le maximum, il devra dĂ©sormais sâattendre Ă ce que les citoyens exigent le maximum en retour.
Dans une ville exsangue, confrontĂ©e Ă des dĂ©fis sĂ©curitaires, sociaux et environnementaux monumentaux, la marge dâerreur du nouvel Ă©dile est dĂ©sormais rĂ©duite Ă nĂ©ant.
Lâargent public, sâil a bien rempli le compte bancaire de lâĂ©lu, a dĂ©finitivement vidĂ© son capital sympathie.
La mandature de Bali Bagayoko sâannonce longue, tumultueuse, et marquĂ©e par le sceau indĂ©lĂ©bile de la trahison des principes.




